Lorraine Simms est une peintre qui n’hésite pas à prendre des risques tout en éprouvant à fond sa technique. Il en résulte une virtuosité et une expressivité sobres autant dans l’imagerie que dans ses habiletés. Elle n’utilise ni le choc, ni la vantardise, ni le cynisme comme tactique. Une vraie peintre qui met à sa propre disposition toute une tradition acquise grâce à son expérience en studio. Elle crée des œuvres qui se qualifient par leur profondeur conceptuelle. Le chevreuil hypnotisé par les phares d’une voiture est une idée primordiale à la production de cette série d’œuvres. C’est ainsi qu’elle souhaite surprendre le spectateur. L’Image d’un tel cerf, conçue à partir de sources prises sur l’Internet caractérise cette énigme aux multiples facettes qu’est la manière dont les arts visuels adressent notre façon de voir et de penser.
Sa fascination pour le masque et la théâtralité, pour le calque, pour les prétextes et le faire semblant sont aussi essentiels à sa pratique que ses tubes de couleur. De ce fertile terreau intellectuel surgit tout un champ visuel à explorer, pinceaux et peinture en main. « The Looking Room » est une métaphore qui décrit la totalité de son art et non pas un slogan à propos de ses sujets. Elle réussit à nous troubler, à nous édifier sans pourtant faire la morale. Cette notion est visible dans le tableau représentant son assistante de studio, « Lacey In A Cat Suit ». La confrontation est définitive quant à l’aspect viscéral de l’œuvre, mais difficile à décrire quant à son sens. On trouve plusieurs sujets dans cette œuvre notamment les tropes du déguisement, une discussion sur l’adolescence, et un intérêt pour la sexualité et les rôles sexuels. Mais, il y figure aussi une nostalgie atmosphérique qui évoque tout l’éventail des émotions en cours grâce aux idées de l’artiste. « The Looking Room » devient un jeu voyeur du plus haut calibre.
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