Voir c’est penser pour Vincent Lafrance, et la perception – de toute chose – est implicitement esthétique, aiguillonnant ainsi toutes les possibilités de l'appareil photo. Le talent n’est qu’un moyen d’arriver à une multitude de fins. Son art implique un perfectionnisme qui est en soi une forme d’humour. Malgré le silence et la beauté qui en émanent, les gags visuels abondent dans l’imagerie. Il se trouve dans ce nouveau corpus, un autre ensemble de choses dont la confrontation nous aurait semblé impossible en art ou dans la vie, mais à laquelle, étonnamment, nous nous attendions. Ces choses font appel à nos spéculations oubliées et se heurtent à nos rêveries spontanées et désavouées tout en nous révélant que l’étrange peut être plus drôle que l’on croyait, original et mystérieux parce qu’il ne semblait pas l’être. Ses manipulations bizarres de la lumière nous aident à comprendre que nous sommes dans cette dernière; nous la voyons et en avons besoin pour voir. Lafrance aime la liberté que lui donne le dilemme artistique commun puisqu’il lui permet, à la fois, d’écrire et de jouer l’histoire de son choix. Dans l’espace d’une exposition, comme pour « Cinq photographies », il intervient de façon à s’adresser à nous et à lui-même simultanément, provoquant notre réaction qui découle autant des territoires conceptuels et physiques les plus reculés que de ceux apparemment plus évidents. |