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Scott McFarland Thinking About A Picture

Oeuvres de l'exposition

Galerie Division est fière de présenter Thinking About a Picture du photographe torontois Scott McFarland. Dans cette deuxième exposition solo à la galerie, l'artiste présente trois récentes séries d'œuvres : Sky LeaksLens Cleaning et Santa Anita

Ces nouvelles photographies de McFarland, où le contour des figures s'entrecroise et se chevauche, sont rehaussées de couleurs vives. La superposition d'images, fantomatiques, collige en une seule et même composition une pluralité de passages et de récits. Ainsi, McFarland regroupe dans ses œuvres une multitude de moments, que le photographe Henri Cartier-Bresson appellerait des instants décisifs

La pratique de McFarland est constituée de centaines d'images qu'il qualifie de « film dumps », un principe qui compresse en une seule image une profusion de poses. La chose est particulièrement visible dans la série Santa Anita, qui fait par ailleurs écho à l'œuvre The Horse in Motion, une étude des mouvements équins menée en 1878 par le Britannique Eadweard Muybridge. Quant à elle, la série Sky Leaks, avec ses étendues de nuages, est un clin d'œil à l'œuvre Equivalent d'Alfred Stieglitz qui, au 19e siècle, photographiait le ciel en des compositions abstraites. Ici, McFarland utilise des négatifs endommagés par l'eau et la lumière, faisant ainsi apparaître un fourmillement de nouveaux phénomènes. Ce procédé rappelle au spectateur tant la matérialité même de la pellicule, que la présence de la lumière et de l'eau dans le ciel. 

Lens Cleaning, la série la plus introspective de l'artiste jusqu'à ce jour, rend explicite les notions de surface et d'interface. Représentant le moment précédant la prise d'une photographie, McFarland se met en scène en train de nettoyer une lentille de caméra, un geste compulsif qui positionne de manière centrale le dispositif photographique. Or, McFarland renverse ce processus propre à la pratique du photographe en saupoudrant ses pellicules photo de particules et de cheveux dénichés dans son sac de chargement et en amoncelant au bas de l'image, entre la photographie et son cadre, des poussières trouvées dans son studio. Par le fait même, il nous rappelle le processus laborieux qui précède la cristallisation du tout en une image fixe.  

Chaque série subvertit à sa manière les conventions de la photographie. Dans Santa Anita, l'aspect narratif est voilé, ainsi que toute représentation nette des chevaux et leurs cavaliers. Dans Sky Leaks, la redoutée lumière qui rend les films irrécupérables devient en soi le sujet de l'œuvre. Finalement, dans Lens Cleaning, plutôt que d'éliminer la poussière, McFarland édifie les débris trouvés en les réintégrant dans son processus de création. Dans chacune des séries, l'artiste, ses outils et ses expériences personnelles se font vivement sentir, ce qui nous fait prendre conscience de toutes les manipulations et des nombreuses successions d'étapes dont l'art photographique est composé.  

Scott McFarland vit et travaille à Toronto. Ses œuvres ont été exposées à la Art Gallery of Ontario, au Musée des beaux-arts du Canada et au Museum of Modern Art (New York). Par ailleurs, son travail fait aussi partie de nombreuses collections, notamment celles du Walker Art Center, du SFMoMA, du J. Paul Getty Museum et du Musée des beaux-arts du Canada. 

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