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Michel de Broin Interception

Oeuvres de l'exposition

Pour sa deuxième exposition individuelle à la Galerie Division, Michel de Broin tourne son attention vers les lois et les stratégies qui gouvernent le jeu. Interception, le titre de l’exposition, implique de prendre par surprise, de renverser le cours d’une action. Les paradoxes architecturaux sur lesquels reposent les œuvres relèvent d’une logique du hasard et de l’interruption, déstabilisant les oppositions haut/bas, intérieur/extérieur, et individuel/collectif pour faire place à un terrain de jeu ouvert.

Artefact (2015) est une photographie à grande échelle d’un papier peint, longtemps dissimulé derrière des couches de peinture et excavée. La fresque représente une scène de footballeurs aléatoirement dispersés sur le terrain. Dans cette chorégraphie de mouvements tactiques, les joueurs sont pris dans des trajectoires dont on ignore le but. Les motifs répétitifs contrastent avec le singulier changement de couleur et de texture que le temps a imprimé sur les joueurs. Au centre de ce rêve d’enfance enfoui émerge la structure brisée du mur, ouvrant une faille dans le terrain.

Jeux de Tables (2014) est composé de 24 tables ordinaires reconfigurées dans une structure défensive à plans multiples. L’appellation Jeu de tables est un terme générique pour les jeux de société qui se jouent sur une table. Le titre de l’œuvre donne une nouvelle matérialité au concept en jouant littéralement avec les tables elles-mêmes. Avec leurs pattes pointées vers l’extérieur, les tables ainsi renversées sont transformées en boucliers d’une structure aux allures de forteresse. Dressée contre les assauts, la pièce contredit sa propre raison d’être en déployant l’équilibre précaire d’un château de cartes. Les pièces entrelacées de ce casse-tête sont mutuellement interdépendantes, révélant chacune leur endos recouvert des traces de leur utilisation à travers le temps.

Dans Drunkated Buckyball (2015) de Broin retrouve une forme familière, celle de l’icosaèdre tronqué de Buckminster Fuller. Inspiré de l’architecture utopique, l’œuvre est faite de bâtonnets à cocktail moulés et repeints – des objets de collection, produits en masse, utilisés comme moyen publicitaire et distribués à l’échelle mondiale dans les casinos et les bars. La formation géodésique des bâtonnets à cocktail tend vers la stabilité, dans un jeu d’équilibre entre forces de traction et de compression animant la surface.

Dans la vidéo FreeBall (2014), une centaine de balles trouvées dans l'arrière-cour de la résidence de l'artiste lors d'un séjour à New York sont libérées une à une, lancées par la fenêtre de son appartement sur un terrain de jeu. La vidéo raconte les effets subséquents de ces actions. 

Les œuvres de Michel de Broin ont fait partie de nombreuses expositions individuelles et de projets tels Reciprocal Energy, au Musée d’art contemporain Val-de-Marne en France; Reverse Entropy au Künstlerhaus Bethanien à Berlin; Disruption from Within au Plug In à l’Institute of Contemporary Art de Winnipeg au Canada; Épater la Galerie à la Villa Merkel à Esslingen en Allemagne. Il compte parmi ses expositions collectives Car Fetish. I drive, therefore I am au Museum Tinguely à Bâle en Suisse; Acclimatation au Centre d’art Villa Arson à Nice en France; Untethered, Eyebeam à New York et Au courant au Hessel Museum of Art à Annandale-on-Hudson dans l’état de New York pour ne nommer que celles-ci. Une revue de mi-carrière a été réalisée par le Musée d’art contemporain à Montréal, l’an dernier.

Au cours de la dernière décennie, l’artiste a réalisé plusieurs œuvres d’art publiques ainsi que des commissions dont Mehr Licht, un projet de 20 mètres nouvellement mis en service à Berlin pour la Marie-Elisabeth-Lüders-Haus; Possibilities, 2012 installée à Mississauga; Interlace, 2012, à Changwong; Majestic, 2011, à la Nouvelle-Orléans; Revolution, 2010, à Rennes; Arc, 2009, à Montréal; La maîtresse de la Tour Eiffel, 2009, à Paris; Overflow, 2008, à Toronto; Encircling, 2006, à Christchurch; Shared Propulsion Car, 2005, à New York et en 2007, à Toronto; et Révolutions, 2003, au Parc Maisonneuve-Cartier à Montréal. Récipiendaire du Sobey Art Award en 2007, de Broin a également reçu des bourses de la Harpo Foundation à Los Angeles, et de la Krasner-Pollock Foundation à New York. Plus récemment, il a obtenu une résidence au International Studio and Curatorial Program à New York.

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