GALERIE DIVISION

JULIE FAVREAU

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JULIE FAVREAU

WILL DELIQUESCE
MONTRÉAL
22 NOV - 2 FÉV

Vernissage le 22 novembre de 18h à 21h

Les images de la nouvelle exposition de Julie Favreau s’articulent autour de l’histoire du cinéma et de la photographie et se situent dans la lignée de son corpus, qui fait appel à la psyché, à la science-fiction et à l’érotisme. Will Deliquesce approfondit ces inspirations, exploitant leur logique et leur optimisme technologique pour aborder l’époque actuelle. Sa vidéo de huit minutes et ses cinq nouvelles photographies évoquent une utopie humaniste caractérisée par la télékinésie et les réalités augmentées, ainsi qu’un érotisme qui propose de nouvelles formes d’intimité. 

Favreau rend palpable l’élasticité du temps dès les premières images de la vidéo. Sa caméra s’insère presque entre les corps des danseurs trans, femmes et hommes qui s’adonnent à une chorégraphie silencieuse. Dans cette mise en scène futuriste, les êtres communiquent sans mots, usant d’une forme de télépathie encore inconnue, tels les créateurs d’un rituel où chacun des rares contacts physiques est chargé de sens. L’activité qui se déroule véritablement sous nos yeux se situe dans leurs esprits, il s’agit d’une forme de transe à laquelle nous sommes conviés par la caméra de Favreau. 

Les mains de l’artiste apparaissent à plusieurs reprises dans le cadre de la vidéo et des photographies. Elles manipulent une feuille de verre dont la surface réfléchissante projette des éclats de lumière dans l’objectif de la caméra. Cette intervention rappelle Man Ray, dont les photogrammes intimes de son propre corps et de ceux de ses amantes anticipent la relation de Favreau avec ses sujets. À un certain moment de la vidéo, la caméra s’aventure par une fenêtre ouverte, suivant une forme, un «blob», alors qu’il se déplace à travers les toits puis disparaît. Sa forme et son allure charnelle font écho aux appendices prothétiques que manipulent les collaborateurs de Favreau et qui se présentent tels des totems sensuels essentiels à leur communication, autant que le sont nos technologies actuelles.

La vidéo se termine par un gros plan sur un feu, telle une reconnaissance de cet élément naturel et de ses pouvoirs primitifs. Les bûches, à l’instar des sujets de Favreau, ne se déplacent que légèrement alors qu’elles sont consumées par les flammes. On peut percevoir en elles un clin d’oeil à l’histoire humaine et une ouverture sur notre imaginaire du futur de l’extase des corps.

Julie Favreau vit et travaille à Berlin et à Montréal. Ses vidéos, chorégraphies, sculptures et photographies exacerbent un état d’acuité sensorielle chez le spectateur et invitent aux pouvoirs de la psyché, de la concentration, de l’intuition et du toucher. Ses plus récents projets approchent l’érotisme féminin comme forme de pouvoir et s’intéressent à la texture érotique du monde, à la manière dont les corps et les objets, animés ou non, ont un effet les uns sur les autres. Elle se penche actuellement sur la façon dont les forces spirituelles et sexuelles auront un rôle à jouer dans la réalité des corps et des individus du capitalisme avancé. Elle exposera prochainement au Casino du Luxembourg, à la Blue Star Contemporary (Texas) et à la Galerie im Marstall (Ahrensburg). Ses expositions récentes incluent Will Deliquesce, House of Egorn (Berlin); From Her Character, BF15 (Lyon); Holding Rays, Künstlerhaus Bethanien (Berlin); She Century, Musée des beaux-arts de Montréal; Délicat Pulse, Fonderie Darling (Montréal); She Century, Edinburgh Art Festival - Scottish National Gallery of Modern Art. Elle a été récipiendaire du prix Pierre-Ayot en 2014 et de la bourse Claudine et Stephen Bronfman en art contemporain en 2012. Favreau était finaliste pour le Sobey Art Award 2018.